Quelle vie choisir ? Quel sens a cette simple question ? Ya-t-il des cases avec des styles de vie ? Des petits carrés à cocher ? Des mentions à rayer ? Y a-t-il des exemples à suivre ? Y a-t-il des erreurs possibles ? N'est-ce pas juste une forme d'expérience ? Pourquoi programmer des choses ? Pourquoi se marier ? C'est quoi une preuve d'amour ? C'est une idée si absurde. Qu'est-ce qu'un travail satisfaisant ? Qu'est-ce qui est utile ? Quel sens a encore l'acte de donner naissance? Au-delà de nous-mêmes, de l'idée de postérité et de donner la vie, n'est-ce pas une forme d'égoïsme absolu ? N'est-ce pas la plus immense forme de désespoir que de se poser cette question ? Pourquoi le faire ? Pourquoi donner la vie ? Pourquoi vivre au dessus de ses moyens ? Pourquoi acheter une maison ? Pourquoi lire les journaux ? Pourquoi dormir la nuit et non la journée ? Mieux vaut-il vivre longtemps en minimisant le plus possible les risques de mourir en suivant des statistiques, des règles d'hygiène de vie etc..., ou faire absolument tout ce qu'on a spontanément envie de faire sans se demander quelle conséquence ça aura ? C'est quoi la musique ? C'est quoi la vie ? Qui sommes-nous ? Quel sens ça a de vivre ? Pourquoi est-ce qu'on se lève tous comme des cons à un moment donné ? C'est quoi l'instinct de survie ? Pourquoi chercher à gagner du fric ? Pourquoi ne pas se tirer tout simplement ?
Se battre contre quoi d'abord ? Se battre pour quoi ? Se battre comment ? Pour quelles raisons ? Qu'y a-t-il de légitime dans tout ce qu'on fait ? Il est aussi effrayant de prendre le risque de l'échec que de vivre sans ce risque, puisque c'est bel et bien ne pas agir qui est le plus dangereux. La vie et ce qu'on construit, tout ça fout le camp dès lors qu'on laisse les choses en suspens, et on court après le temps, pas le temps de réfléchir, pas le temps de remettre en question ou de s'en poser... Les conséquences, dans le contexte tel qu'il est de nos jours, en France comme partout ailleurs peuvent être très lourdes car quasi-irréversibles. Si on ne fait rien, on n'est rien, lorsqu'on n'est rien, tout est à refaire. Alors pourquoi ne pas le faire tout de suite? Mais si on ne trouve pas de raisons, pourquoi le faire ? Ce n'est pas ça l'instinct de survie ? La pire chose que l'Homme porte en lui, c'est ça. L'instinct de survie est vraiment ce qu'il y a de plus dégueulasse au monde.
Sortir tout acte du contexte de la vie, du décor, des m½urs surtout, et de tout réferentiel peut sembler inutile ou stupide, pourtant c'est ce qui permet de mettre de la nuance dans ce qu'on fait et c'est je pense le seul moyen de ne pas regretter des actes, être convaincu, à défaut d'être passioné, peut apporter quelque chose comme du sens, et du bon sens. La différence entre quelqu'un d'admirable et quelqu'un qui ne l'est pas, ce n'est pas ce qu'il fait, c'est ce qu'il ne fait pas en ne sachant pas non plus pourquoi. C'est ça la lâcheté. S'appuyer sur les autres, leur balancer leur frustration à la gueule lorsque ça n'agit plus dans le sens qu'il faut, s'approprier des personnes, des vies, par pur manque de personnalité, d'idée, d'originalité, de bon sens et d'intelligence, souhaiter le mal à ceux qui tiennent à eux, juste parce que des pseudos-sentiments ne sont pas réciproques, sans se rendre compte à aucun moment du mal qui est fait, par pur manque de discernement, de recul et de réflexion. Se cacher derrière la souffrance qui n'est pourtant rien d'autre qu'une conséquence, certainement pas une cause et encore moins une excuse, au pur et simple manque de courage. C'est tellement anti-humain, je crève chaque jour un peu plus de cette inhumanité qui m'encercle et qui fabrique et modèle toutes ces existences que je ne pourrai jamais comprendre. Je jouis d'être parvenue à trouver là-dedant un sens, des personnes, tellement exceptionnelles et parfaites à mes yeux, tellement rares... Ca me donne de l'espoir au quotidien, au moins autant que le reste m'exaspère. Je voudrais que le monde soit meilleur rien que pour eux, je voudrais tellement que tout le monde se pose des questions plus profondes et sortir de cette torpeur et de cette paralysie face à la vie, je voudrais tellement, tellement, ne plus être surprise par la profondeur de certaines personnes, que je découvre par hasard et que je n'avais jamais, jamais soupçonné avant par rapport à ce dont on discute.




